MAIMOUNA SAMBOU DIEDHIOU : Icône de l’agrobusiness

Il est de ces parcours qui inspirent respect et admiration. Celui de Maïmouna Sambou Diédhiou en fait bien partie. Battante, résiliente, persévérante, elle a résisté aux nombreux échecs pour aujourd’hui assoir une réputation forte qui fait d’elle une icône dans le secteur de l’agro Business. Pourtant rien ne présageait un tel succès après une première expérience dans l’animation pendant une décennie dans une association paysanne dénommée CADEF (Comité d’action pour le Développement du Fonio).
Persuadée que les échecs présagent des succès futurs, elle s’accroche. C’est avec son GIE CASA ÉCOLOGIE qu’elle prendra son envol.
Un entreprise spécialisée dans la transformation agroalimentaire, avec une approche chaîne de valeurs. En effet, du cueillage au stockage en passant par la commercialisation et la transformation.
Un budget de 10 000 FCFA pour démarrer
C’est en 2007 que l’aventure a démarré avec une maigre somme 10 000 Fcfa. Mais le véritable déclic a lieu lorsqu’elle a rencontré un partenaire américain, la fondation ADF (Fondation pour le Développement de l’Afrique basée à Washington) qui lui octroie un financement de 42 millions de FCfa.
Après 20 ans de carrière dans l’animation, la cinquantaine qui n’a pas fait long feu à l’école, elle change de fusil d’épaule et s’engage dans l’entreprenariat. Un choix audacieux, sans doute facilité par son courage et son abnégation à réussir dans la vie. Elle est déterminée à poursuivre son bonhomme de chemin, s’appuyant sur sa devise de toujours, « à la fin tout ira bien ».
Un diola au vrai sens du terme, presque toujours habillée en pagne tissé, Maimouna Sambou explique le début de son parcours entrepreneurial avec fierté. « J’ai arrêté mes études en classe de terminale et je suis allée dans un village, Bougoutou dans le département de Bignona ou j’ai intégré une association paysanne appelée CADEF (Comité d’Action pour le Développement du Fonio), créé par un professeur de l’ENEA qui voulait aider la population de sa localité. Et on m’a formée dans l’animation, l’Agriculture et dans la transformation. J’ai travaillé dix ans en tant qu’animatrice dans cette association », indique-t-elle.
Après cette aventure, elle a pu travailler encore dans les ONG comme animatrice qui sont souvent initiées par l’Etat à travers des projets et programmes. Ce, pour encadrer les populations dans les aménagements hydro-agricoles, la gestion des parcelles de riz, le maraichage … « C’est là-bas ou l’idée m’est venue de créer mon GIE. Je me suis dit c’est bien beau de travailler pour d’autres. Mais il faut penser à la retraite. Quand j’ai créé Casa-ecologie, j’ai fait venir mes camarades de classe pour qu’on collabore. Mais elles n’ont pas voulu adhérer, faute de financement en 2007 », se souvient-elle. Malgré ces péripéties, la dame très courageuse et ambitieuse a choisi de faire son chemin toute seule. « J ’ai travaillé toute seule jusqu’en 2010. J’ai encore été recrutée comme animatrice dans une ONG financée par la Banque Africaine de Développement pendant quatre ans. Et c’est là-bas que j’ai rencontré un partenaire américain, la fondation ADF (Fondation pour le Développement de l’Afrique basée à Washington) qui m’a financée à hauteur de 42 millions dont 25 millions d’investissement. Mon apport c’était d’acheter un champ d’une valeur de 2,5 00 000 Fcfa », a-t-elle expliqué.
Ainsi, après la construction de son bâtiment, elle s’est spécialisée dans le Madd et tous les produits forestiers disponibles dans la région naturelle de la Casamance comme, le Baobab, Ditakh, la mangue, le Gingembre, le bissap, la Goyave. Plus tard elle se rend compte qu’il y avait deux produits horticoles qui ont tendance à disparaitre à savoir la Goyave et la « Carassole ». Déterminée à atteindre ses objectifs, elle s’est engagée dans l’Agriculture. « J’ai acheté un champ pour planter ces produits pour être autonome par rapport aux produits », dit-elle.
Présidente du GIE Casa-écologie dont l’activité principale est la transformation et la commercialisation des produits forestiers et horticoles. Présidente de l’APPIGMAC (Association pour la Protection et la Promotion de l’Indication Géographique sur le Madd Casamance qui a fait pendant sept ans l’objet de labélisation. Hormis ces qualifications, Maimouna est un manager efficace. L’Association qu’elle gère, est composée de 75 GIE qui sont une communauté de plus de milles membres. Chaque année elle accueille plus d’une cinquantaine d’étudiants venus dans différentes universités pour leur stage professionnel. « Difficile de gérer, mais tant que ce n’est pas impossible, je m’engage. Chaque mois, on organise des réunions de sensibilisation surtout par rapport à la qualité du produit. La qualité, mon cheval de bataille. Pour soigner la réputation de nos produits, je demande aux membres de laisser le produit pendant quinze jours en observation avant qu’il n’entre dans les rayons », avance la dame casamançaise.
Elle exhorte la jeunesse à commencer tout petit et de prendre exemple sur son parcours. « J’ai commencé avec 10 000 Fcfa et je ne suis pas sortie d’une école de formation. Aujourd’hui l’Etat sénégalais a mis l’accent sur la formation professionnelle, nous avons des lycées agricoles, des universités, des Isep. Il ne faut pas attendre le financement, commencer des l’obtention de vos diplômes. Les partenaires ne financent maintenant que des initiatives », conclut-elle.